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CarbonSmart
Finance & Comptabilité Carbone (PCAF, crédits carbone)17 avril 20268 min de lecture

Qu'est-ce que PCAF ? Le rôle de la comptabilité carbone dans la finance

PCAF (Partnership for Carbon Accounting Financials) est un standard mondial qui permet aux banques, assurances et gestionnaires d'actifs de calculer selon une méthodologie commune les émissions de gaz à effet de serre financées via leurs portefeuilles de crédits et d'investissements. Initié en 2015 aux Pays-Bas, le partenariat réunit aujourd'hui plus de 600 institutions financières et constitue, de fait, le standard du secteur financier en matière de transparence carbone.

Qu'est-ce que PCAF ? Le rôle de la comptabilité carbone dans la finance

Qu'est-ce que PCAF ?

PCAF (Partnership for Carbon Accounting Financials) a été lancé en 2015 par un groupe d'institutions financières néerlandaises. Née avec la vision de créer un langage et une méthodologie communs entre institutions financières afin d'assurer un calcul et un reporting cohérents des émissions financées par les prêts et les investissements, PCAF est rapidement devenue une initiative mondiale.

Avec plus de 600 institutions financières partenaires, PCAF voit ce nombre augmenter chaque année avec de nouveaux adhérents.

PCAF joue dans le secteur financier le rôle d'un standard de durabilité. En résumé, lorsqu'une banque ou un gestionnaire de fonds souhaite calculer les émissions des entreprises de son portefeuille et les communiquer à ses parties prenantes, il peut utiliser les méthodes définies par PCAF. Cela facilite les comparaisons et les reportings entre institutions ; les régulateurs peuvent ainsi avoir une vue nette du bilan carbone du secteur financier.

L'importance de PCAF

Au-delà d'autres secteurs, la gestion carbone est devenue un enjeu clé dans la finance. PCAF est une initiative qui permet aux institutions — banques, compagnies d'assurance, gestionnaires d'actifs — de mesurer et de reporter de manière cohérente les émissions de gaz à effet de serre générées par les projets et investissements qu'elles financent.

Les émissions directes des institutions financières (par exemple, la consommation d'énergie de leurs bâtiments) ne représentent qu'une petite part de leurs émissions totales ; les émissions des entreprises financées par le crédit ou l'investissement sont bien supérieures. Selon une étude, les émissions financées des banques mondiales dépassent 700 fois leurs propres émissions opérationnelles. Les banques et gestionnaires d'actifs ont donc besoin de standards tels que PCAF pour maîtriser leur impact environnemental réel.

PCAF rend plus transparent ce vaste vivier de gaz à effet de serre financés et facilite la gestion des risques et la planification stratégique. Par exemple, des banques comme ABN AMRO ont utilisé PCAF pour calculer l'impact carbone de leurs prêts immobiliers ; lorsque cet impact s'est révélé le plus élevé, elles ont mis en avant de nouveaux produits de crédit favorisant l'efficacité énergétique. Elles ont ainsi élargi leur portefeuille tout en contribuant aux objectifs climatiques.

Comment fonctionne PCAF ? (Méthodologie et principes de mesure)

Le cœur de PCAF est le Standard des émissions financées (Partie A). Ce standard détaille les étapes de calcul des émissions pour sept grandes classes d'actifs (obligations, prêts, financement de projets, immobilier commercial, crédits immobiliers, crédits automobiles, etc.). Son principe fondateur est le suivant : une banque ou un fonds est responsable des émissions de carbone de l'entreprise qu'elle finance au prorata du financement apporté. Ainsi, si une entreprise émet au total 100 tonnes et que la banque finance 40 % de ses investissements, 40 tonnes sont imputées à la banque. Cette méthode répartit les émissions de manière équitable selon la part financière.

Champs de calcul PCAF
Champs de calcul PCAF

En pratique, PCAF préconise les étapes suivantes :

  • Définir le périmètre du portefeuille (types de crédits et d'investissements inclus).
  • Collecter les données : récupérer les données d'émissions des entreprises emprunteuses ; à défaut, s'appuyer sur des moyennes sectorielles ou des estimations basées sur les grandeurs financières. PCAF propose un score de qualité de données de 1 à 5 : l'usage de données de qualité élevée (1-2) accroît la fiabilité du reporting.
  • Calculer les émissions et agréger le portefeuille conformément aux lignes directrices PCAF. La banque reporte généralement ces chiffres dans la catégorie « 15. Activités d'investissement » du Scope 3 du GHG Protocol (PCAF s'appuie sur le Scope 3).
  • Communiquer les émissions calculées au public et aux régulateurs dans le cadre des rapports annuels de durabilité ou des documents TCFD/SBTi.

Système de notation des données PCAF

Pour évaluer l'empreinte carbone de leurs portefeuilles de crédits et d'investissements, les institutions financières s'appuient sur une méthode de notation dédiée.

La notation repose sur une échelle de 1 à 5 :

Score 1 — Très haute précision : transparence maximale. Les sources de données sont pleinement fiables, les méthodes et hypothèses de calcul sont intégralement explicitées.

Score 2 — Haute précision : données issues de sources solides et fiables. Méthodes et hypothèses clairement et exhaustivement exposées.

Score 3 — Précision moyenne : données d'une fiabilité acceptable. La logique de calcul et les hypothèses sont en grande partie partagées.

Score 4 — Précision moyenne-faible : sources relativement fiables, mais subsistent des incertitudes et des lacunes. Les méthodes sont partiellement documentées.

Score 5 — Faible précision : données peu fiables ou présentant d'importantes lacunes. Les méthodes et hypothèses ne sont pas suffisamment explicites.

Scores de données PCAF
Scores de données PCAF

La méthodologie PCAF est conçue pour être alignée avec d'autres cadres tels que la TCFD (Task Force on Climate-related Financial Disclosures) et les objectifs fondés sur la science (SBTi). Par exemple, la TCFD demande aux institutions financières de communiquer les risques liés à leurs financements ; PCAF les concrétise. Les données d'émissions obtenues peuvent également être partagées dans des rapports internationaux tels que CDP. PCAF aide ainsi les institutions financières à se préparer aux réglementations et à développer des stratégies de financement vert.

Les bénéfices de PCAF pour le secteur financier

La mise en œuvre de PCAF apporte plusieurs bénéfices aux institutions financières :

Gestion des risques

L'identification des plus grandes sources d'émissions du portefeuille permet de prendre des mesures sensibles aux risques climatiques. Par exemple, en réduisant l'octroi de crédits aux secteurs très émissifs ou en définissant des crédits conditionnels, on abaisse le risque. PCAF produit des résultats alignés avec les exigences de la CSRD et de la TCFD.

Préparation réglementaire

En Europe et dans le monde, les obligations de reporting carbone du secteur financier se multiplient. PCAF fournit un cadre transparent et technique qui prépare les institutions à ces régulations. Intégrer les données PCAF aux processus de gouvernance et d'audit interne protège les institutions lorsque les opérations seront examinées.

Reporting et réputation

Plus de 600 institutions membres de PCAF (banques, assurances, gestionnaires d'actifs, etc.) divulguent leurs calculs. Les investisseurs et le grand public peuvent suivre la performance climatique des institutions. Un reporting transparent attire de nouveaux investisseurs et facilite l'accès aux fonds durables. Par exemple, de grands fonds qui reportent à CDP orientent les flux financiers vers des entreprises plus respectueuses de l'environnement.

Décisions d'investissement

Les données PCAF facilitent la mesure de l'empreinte carbone des portefeuilles. Les institutions peuvent rééquilibrer leurs portefeuilles en fonction d'objectifs net zéro. Elles peuvent également rattacher leurs « prix du carbone » internes aux sorties PCAF, ce qui permet de renchérir le coût du financement des investissements fortement émetteurs.

Innovation

Disposer des données d'émissions permet de développer de nouveaux produits financiers : obligations vertes, crédits carbone, etc. Par exemple, ABBank a proposé, à la suite de ses calculs PCAF, des offres de crédit dédiées aux projets de bâtiments à haute performance énergétique.

Défis courants

Le plus grand défi reste le manque et la précision des données. Obtenir les données d'émissions des entreprises emprunteuses est complexe ; nombre d'entre elles ne les fournissent pas ou ne produisent pas de reporting à jour. Les banques s'appuient alors sur des moyennes sectorielles ou des estimations fondées sur la taille financière. Grâce à la notation de la qualité de données proposée par PCAF, elles peuvent indiquer quelles données sont fiables.

Par ailleurs, la mise en œuvre de PCAF exige une coordination entre services : risque, durabilité, comptabilité et systèmes d'information doivent collaborer. La gouvernance interne et la formation prennent donc une importance particulière.

Enfin, les facteurs d'émission issus de différentes sources peuvent manquer de cohérence ; la méthodologie PCAF, actualisée en continu (par exemple, l'ajout de la dette souveraine), vise à réduire ces incohérences.

Conseils pratiques pour mettre en œuvre PCAF

Priorisation : plutôt que de couvrir toutes les activités d'un coup, commencez par les composantes de portefeuille aux plus fortes émissions. Les secteurs de l'énergie, des transports et des matières premières sont généralement prioritaires. Diviser votre portefeuille en quelques catégories réduit la complexité de la mesure.

Stratégie de données : demandez des rapports annuels d'émissions à vos entreprises emprunteuses. À défaut, utilisez les moyennes sectorielles publiées par PCAF. Par exemple, vous pouvez calculer les tCO₂ d'une entreprise énergétique à partir de son volume de production d'électricité. Pour documenter la précision, utilisez le système de score de qualité (1-5) de PCAF.

Outils et ressources : recourez à des outils de calcul open source (par exemple la PCAF Emission Library) ou à des plateformes commerciales de comptabilité carbone. Ces logiciels automatisent le calcul au prorata du financement. Téléchargez également la « Disclosure Checklist » de PCAF : depuis 2025, les rapports des nouveaux membres sont évalués à l'aune de cette check-list.

Communication interne : présentez régulièrement les résultats non seulement dans les rapports de durabilité, mais aussi au conseil d'administration et aux dirigeants métiers. Reliez l'importance des émissions financées aux stratégies de l'entreprise. Les politiques de crédit seront alors alignées sur les objectifs carbone et toute l'organisation sera mobilisée.

Fixation d'objectifs : une fois les mesures réalisées, fixez impérativement des objectifs de réduction. Par exemple, réduire l'intensité carbone du portefeuille de X % par an ou atteindre une infrastructure de crédit net zéro à une date donnée. Pour atteindre ces objectifs, prévoyez également la collaboration avec les clients (proposition d'obligations vertes, incitation aux investissements bas carbone, etc.). Les mesures PCAF peuvent être directement mobilisées pour fixer des objectifs compatibles SBTi.

Feuille de route PCAF
Feuille de route PCAF

En résumé, PCAF…

En résumé, PCAF constitue une première étape puissante pour les institutions financières. Mesurer les émissions financées vous aide à gérer les risques, à vous mettre en conformité et à gagner la confiance des investisseurs.

Première étape pour démarrer : identifiez les secteurs à forte intensité carbone de votre portefeuille et lancez la mesure selon les guides PCAF.

CarbonSmart et PCAF

Chez CarbonSmart, nous accompagnons le secteur financier avec notre module PCAF.

Avec un module intégré à la plateforme de gestion de l'empreinte carbone organisationnelle, vous réalisez rapidement et systématiquement vos calculs PCAF et vous publiez des rapports complets combinant ces calculs à vos données d'empreinte carbone organisationnelle.

Visuel PCAF
Visuel PCAF

Questions Fréquentes

Dans quel but PCAF a-t-il été créé ?

PCAF a été créé en 2015 par des institutions financières néerlandaises pour assurer un calcul cohérent et comparable des émissions financées. L'objectif est d'accroître la transparence : banques, assurances et fonds doivent pouvoir reporter les émissions de leur portefeuille avec la même méthodologie.

Que sont les émissions financées ?

Les émissions financées sont les émissions de gaz à effet de serre dont une institution financière est indirectement responsable à travers les crédits, investissements et produits de financement qu'elle accorde. Elles sont calculées et reportées dans le cadre de la catégorie 15 du Scope 3 selon PCAF.

Quelles classes d'actifs couvre PCAF ?

La méthodologie PCAF couvre sept grandes classes d'actifs : actions cotées et obligations, prêts aux entreprises, financement de projets, immobilier commercial, hypothèques, crédits automobiles et dette souveraine. Les nouvelles versions étendent également le périmètre aux assurances et aux quotas d'émissions.

Le reporting PCAF est-il obligatoire ?

PCAF est pour l'heure un standard volontaire, mais des cadres tels que la CSRD, TSRS S2 et la TCFD rendent progressivement obligatoire le reporting des émissions financées. Le recours à PCAF est la voie la plus répandue et reconnue pour répondre à ces exigences.

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